La cartographie des médecins en Vaucluse est un outil essentiel à consulter avant toute décision d'installation. Certaines zones sous-denses permettent d'accéder à des aides spécifiques.
Répartition géographique des médecins en Vaucluse
En 2021, le Vaucluse comptait 469 médecins généralistes libéraux en exercice, soit une densité de 83,8 médecins pour 100 000 habitants — la plus faible de la région PACA (102,3 en moyenne régionale), bien que proche de la moyenne nationale. Plus récemment, en 2024, la densité vauclusienne de généralistes est retombée à 147 pour 100 000 habitants, la plus faible du département par rapport aux autres départements de la région (165 dans les Alpes-de-Haute-Provence, 178 dans les Bouches-du-Rhône, 291 dans les Hautes-Alpes).
L'offre est fortement concentrée dans la vallée du Rhône, notamment dans le Grand Avignon qui regroupe près de la moitié de l'offre départementale de médecine générale (47 %, dont 21 % pour la seule commune d'Avignon). À l'inverse, le territoire du Mont Ventoux affiche une densité particulièrement basse (64,8 médecins généralistes pour 100 000 habitants), et le Luberon reste également sous-doté. En 2021, 7 % de la population vauclusienne résidait dans une commune sans aucun médecin généraliste, et 16 communes se trouvaient à plus de 10 minutes de trajet du généraliste le plus proche.
La démographie médicale continue de se dégrader : entre 2011 et 2021, le Vaucluse a connu la baisse d'effectifs de généralistes libéraux la plus forte de la région (-21 %, contre -14 % pour la région et -4,9 % pour la France), avec des villes-centres particulièrement touchées comme Carpentras (-34 %), Orange (-32 %) et Cavaillon (-30 %). Fin 2022, 58,6 % des généralistes libéraux avaient 55 ans ou plus, dont 110 déjà au-delà de 65 ans et 93 supplémentaires atteignant cet âge d'ici 2028 — un besoin de renouvellement estimé à 44 % à court terme.
Organisation de la permanence des soins (PDSA)
Le Vaucluse est découpé, par arrêté de l'ARS PACA (dernière mise à jour du cahier des charges le 23/12/2024), en secteurs de garde distincts pour chaque tranche horaire de la PDSA :
- 20h-minuit (semaine) : 21 secteurs identifiés, couvrant notamment Apt, Avignon 1-Sorgues, Avignon 2, Morières, Bédoin-Mazan, Cadenet, Cairanne, Carpentras, Caumont-sur-Durance, Cavaillon, Gordes, L'Isle-sur-la-Sorgue, Malaucène, Nord Vaucluse, Pernes-les-Fontaines, Pertuis, Robion, Sault, Vaison-la-Romaine, Valréas et Vedène.
- Minuit-8h (nuit profonde) : secteurs regroupés, avec un secteur interdépartemental partagé avec le Gard et les Bouches-du-Rhône pour certaines zones.
- Samedi 12h-20h, dimanche/jours fériés 8h-20h : secteurs élargis, avec par exemple 4 lignes de garde sur le secteur Avignon 1-Sorgues.
Cette organisation s'appuie sur un maillage territorial complémentaire : en 2024, le Vaucluse était couvert par 9 Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) et 30 Maisons de Santé Pluriprofessionnelles. SOS Médecins Avignon assure notamment l'effection mobile sur le bassin avignonnais, et la région PACA compte au total 28 maisons médicales de garde.
Identification des zones d'activité (ZIP/ZAC) dans le Vaucluse
Le zonage conventionnel classait déjà le Vaucluse parmi les départements les plus fragiles de la région selon les données 2022 : 22,2 % de la population départementale (124 362 habitants) se situait en zone d'intervention prioritaire (ZIP) — soit une part bien supérieure à la moyenne régionale de 15,9 % — et 74,7 % (418 025 habitants) en zone d'action complémentaire (ZAC), contre 40,2 % en moyenne régionale. Au total, 96,9 % du département était classé en zone sous-dense. La totalité des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) du Vaucluse était classée en ZIP. Le département est structuré en 32 Territoires de Vie-Santé (TVS) couvrant les 151 communes, maille de référence utilisée pour ce classement selon l'indicateur d'Accessibilité Potentielle Localisée (APL).
Un nouveau zonage régional PACA est entré en vigueur le 5 janvier 2026, abrogeant celui de février 2022, à l'issue d'une concertation avec la CRSA, l'Assurance maladie et l'URPS-ML. À l'échelle régionale, la part de la population en ZIP passe de 15,9 % à 21 %, et celle en ZAC de 40,2 % à 52,5 %, portant à 74 % (environ 3,8 millions d'habitants) la population couverte par des dispositifs d'aide à l'installation. Le Vaucluse, déjà surreprésenté en zones fragiles avant cette révision, devrait rester l'un des départements les plus concernés de la région dans cette nouvelle cartographie.
Lutte contre les déserts médicaux : les leviers actualisés en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les anciens contrats démographiques conventionnels — CAIM (Contrat d'Aide à l'Installation Médecin), COSCOM (Contrat de Stabilisation et de Coordination) et CSTM (Contrat de Solidarité Territoriale Médecin) — ne sont plus ouverts aux nouvelles adhésions. Ils sont remplacés par un dispositif simplifié d'aides ponctuelles à l'installation en zone sous-dense :
- une aide ponctuelle de 10 000 € pour tout médecin réalisant sa première installation libérale en ZIP ;
- une aide ponctuelle de 5 000 € pour un primo-installé en ZAC ;
- une aide ponctuelle de 3 000 € pour la création ex-nihilo d'un cabinet secondaire en ZIP ;
- une rémunération de 200 € par demi-journée pour les consultations avancées en ZIP ;
- une revalorisation de la fonction de maître de stage à 800 €/an en ZIP (contre 350 € auparavant) et 500 €/an hors ZIP.
Les contrats CAIM, COSCOM et CSTM signés avant le 31 décembre 2025 restent valides jusqu'à leur terme selon les conditions initiales, mais aucun nouveau contrat de ce type ne peut plus être conclu. À cela s'ajoute le pacte national de lutte contre les déserts médicaux (avril 2025), qui institue le programme « Un médecin près de chez vous » pour renforcer ponctuellement l'offre dans les territoires les plus prioritaires — pertinent pour le Luberon, le Mont Ventoux et le Haut Vaucluse, secteurs les plus fragiles du département.